Toi grand et moi petit

Résumé de l'histoire

Un jeune éléphant orphelin est adopté par un roi lion malcommode. Petit à petit, ils se découvrent, s’acceptent et vivent en harmonie, partageant des jeux à la manière d’un père avec son fils. Mais quand l’éléphant devenu trop grand dépasse le lion, il doit partir...

Une histoire symbolique sur l’amitié filiale, et le passage à l’âge adulte interprétée par deux comédiens, l’un grand, l’autre petit, manipulant à vue des marionnettes à l’image des personnages du livre de Grégoire Solotareff.

Le spectacle

La lecture de "Toi grand et moi petit" fut un choc. Avant même de savoir comment l'adapter, il nous a paru évident que nous voulions travailler sur cet album. En effet, G. Solotareff fait partie de ces auteurs capables de résoudre cette équation : être simple sans être simpliste, parler à des enfants sans être infantile. Il fait régner entre son texte et ses peintures une harmonie d'où naît un sentiment de richesse et de poésie. Il ne se contente pas de nous raconter une belle histoire, il a l'art de nous la faire sentir au sens le plus fort de ce mot, c'est-à-dire avec ce parfum de sensibilité et d'émotions qui nous va droit au cœur.

Nous voulions travailler sur les émotions, nous voilà servis. La découverte et l'acceptation de l'autre, l'amour mais aussi le conflit, les relations de pouvoir : l'initiation à devenir grand.

Au cœur de leur amitié, le lion et l'éléphant vivent un rapport filial. Le temps passe. Devenu trop grand, l'éléphant doit quitter le palais du lion et vivre sa propre vie. Le temps passe encore, la roue a tourné : à son retour, l'éléphant trouve un lion vieilli, détrôné et seul. Tout naturellement il saura prendre soin de lui.

C'est la vie, notre vie qui se joue là. Y-a-t-il plus beau message d'amour ?

Extrait vidéo
Scénographie et mise en scène

Nous nous sommes attachés à respecter le plus possible l'histoire et l'univers pictural de l'auteur. Le décor fonctionne un peu comme une page de livre. Les comédiens évoluent avec des marionnettes-poupées à l'image des personnages du livre, devant et sur une toile peinte qui rappelle les couleurs et "le grain" des illustrations de Solotareff.

Nous avons donc un décor, des marionnettes et deux comédiens, un "grand" et une "petite". En accompagnement ou en contrepoint des mots et du mouvement, il y a la bande son. Par la musique et les sons s'ouvre l'univers de la poésie et de l'émotion. Un peu comme dans les dessins animés de Tex Avery ou les films muets, la bande son renforce une atmosphère, souligne un effet et remplace les mots devenus inutiles.

Après un prologue qui met en scène les deux comédiens dans un numéro de duettistes burlesque, nous entrons dans l'histoire du lion et de l'éléphant. Les deux marionnettes sont manipulées à vue. La convention théâtrale est clairement établie : comme les enfants qui, avec naïveté, spontanéité et fraîcheur, jouent avec leurs poupées ou leurs petits soldats, les deux comédiens jouent avec leurs poupées-marionnettes pour nous raconter cette histoire.