L'Eventail de Tengu

Résumé de l'histoire

Suivant la tradition japonaise, un conteur des rues arrive à vélo avec son kamishibaï, « petit théâtre de bois et de papier ». Très vite rejoint par un apprenti zélé, ils jouent ensemble de la flûte et du koto (harpe japonaise) et nous invitent à découvrir « L’Éventail de Tengu ».

Pour changer le cours de sa vie, Shokitchi, un jeune garçon vif et audacieux, dérobe l'éventail de Tengu. Cet éventail magique va l’aider à se faire reconnaître de la jeune fille d’un riche marchand mais le condamner à un drôle de supplice...

Débordant d'enthousiasme, nos deux conteurs dépassent petit à petit les limites du kamishibaï, le décor s'ouvre pour laisser place au jeu des comédiens.

Un conte sur le destin d'un "mauvais" garçon qui trouve malgré tout sa voie et donne un sens à sa vie.

Le spectacle

Cette histoire a éveillé notre intérêt à plus d’un titre.

En premier lieu pour ses personnages principaux :

- Un enfant solitaire, mais vif et passionné par le mystère des esprits.

- Une jeune fille un peu pimbêche qui ne mérite pas le sort qu'on lui réserve.

- Un père aimant prêt à tout sacrifier au bonheur de sa fille.

- Un démon naïf qui offre à l'enfant une chance de changer le cours de sa vie.

Ensuite, pour les ambiances et les lieux évoqués :

- Un village japonais la nuit.

- Un paysage de montagnes sorti d'une estampe d'Hokusaï.

- Un grand arbre séculaire habité par un esprit naïf.

- Les cieux où circulent de curieux "dieux"…

Enfin, pour cette morale ouverte sur le choix et le libre arbitre :

Que peut-on faire des chances qui nous sont accordées ?

Extrait vidéo
À propos du spectacle

Le kamishibaï : une base de travail

Au Japon, dans les années 50, le conteur de kamishibaï arrivait sur les places de village avec son vélo et ouvrait la boîte installée sur son porte-bagages pour raconter aux enfants des contes en images... Eh oui, c’était le temps où la télévision ne régnait pas encore dans les maisons, où il était bon de se retrouver pour partager un moment de rêve, de poésie et de fantaisie.

Pour moi, le kamishibaï est l’héritier du travail des artistes qui faisaient des estampes ; il est l’annonciateur des mangas et des films d’animation. C’est une sorte d'écran s’ouvrant sur l’art de l’estampe mais qui laisse la possibilité à l’imaginaire de se projeter dans un univers ouvert. D’ailleurs, depuis quelques années, nous retrouvons le kamishibaï en Europe, où l’on découvre ses atouts éducatifs et pédagogiques.

Philippe Calmon

Scénographie et mise en scène

Je veux dans ce spectacle mettre à l’honneur l’art du théâtre itinérant. Quand le spectateur s’installe, la scène est vide. Le spectacle commence avec l’arrivée à vélo d’un comédien qui transportent avec lui le théâtre. Le lieu de représentation est ainsi transformé ; ce ne sont plus les spectateurs qui viennent là voir un spectacle, mais bien plutôt les comédiens qui s'installent parce qu’il y a du public…

A l’arrière du vélo, sur le porte-bagages, se trouve la boîte du Kamishibaï, à l’avant d’autres éléments de décor non identifiés, et sur les épaules du comédien des sacs pleins à craquer… Il frappe les trois coups et le spectacle commence.

Traditionnellement, le conteur de kamishibaï est seul pour conter ses histoires. Mais ici, il y a une deuxième comédienne sur scène. En plus de l’histoire de cet Eventail de Tengu, je veux que se joue une autre histoire ; celle de la transmission d'un maître à son apprenti. La sagesse d’un savoir maîtrisé et la fougue de la découverte, de la nouveauté, s’affrontent, se confrontent pour faire avancer l’histoire de Shôkitchi et de cet éventail magique.

La narration commence à partir du kamishibaï, de cette fenêtre ouverte sur un autre monde : celui du dessin, de l’estampe. L’idée du spectacle est de partir de cette petite ouverture sur l’imaginaire pour inviter tout le monde (les comédiens et le public) à entrer de plein-pied dans l’Imaginaire. Nous dépassons alors les limites du kamishibaï pour occuper l’ensemble de la scène. Les conteurs deviennent les personnages de l’histoire et le décor se construit à partir de "kakemono" reprenant l’esthétique des estampes du kamishibaï. Les comédiens pourront alors faire appel à d’autres techniques de jeu (jeu masqué et costumé, danses, chant, pantomime, marionnettes…).

Pour continuer dans cette logique que les conteurs transportent avec eux leur théâtre, ils jouent la musique et font les bruitages en direct sur scène.

Nous avons donc comme point de départ un conte traditionnel, un vélo, une flûte, un koto, deux conteurs, et nous finissons la pièce avec un maître qui a transmis à son apprenti son art, et qui a reçu en échange la certitude que son savoir lui survivra.

Philippe Calmon


Adaptation et mise en scène : Philippe Calmon | Avec : Paola Cordova ou Eveline Houssin et Franck Douaglin| Toiles Peintes : Sebastien Devaux | Décors, masques et marionnettes : Cie Métaphore | Montage : 1 service | Démontage : 20 mn | Spectacle : 50 mn | Ouverture : 5,5 à 8m | Profondeur : 5 à 8m | Hauteur mini. : 2m50 | public concerné : tout public à partir de 5 ans | nombre de spectacteurs : 150 personnes maximum

Tous nos remerciements à Chihoko Shimizu pour les traductions et ses conseils sur la culture japonaise

Ce spectacle peut être autonome et se jouer dans une salle non équipée et en extérieur.