C'est moi le plus fort

Résumé de l'histoire

Dans un décor de forêt, les trois petits cochons jouent au loup sur l’air de « Promenons-nous dans les bois ». Ils sont joyeux jusqu’à ce que le vrai loup apparaisse. Arrogant et prétentieux, il vient se confronter à tous les personnages des contes qui habitent ces bois : les trois petits cochons, le Petit Chaperon Rouge, Blanche Neige et les 7 nains… Il veut s’assurer qu’il est le plus fort, le plus beau, le plus malin, mais il va vite déchanter.

Le spectacle


1er tableau
Dans un décor de forêt, les comédiens se promènent et jouent comme des enfants avec leurs objets à s’inventer des histoires. Ici ce sont les marionnettes des 3 petits cochons qui jouent au loup. Elles sont manipulées à vue, tour à tour comme des objets ou des personnages. Le jeu s'appuie sur la comptine "promenons-nous dans les bois", et s’amplifie au fur et à mesure jusqu’à l’apparition du vrai loup qui nous fait basculer dans la deuxième histoire.

2ème tableau
Le spectateur découvre le vrai loup qui se croit le plus fort. Chaque rencontre qu’il fait avec les personnages de contes traditionnels lui permet d'imposer par la menace son autorité, jusqu’à ce qu’il soit confondu par la puissance du dragon. Il se retrouve alors à la place de celui qui a peur, est obligé de ravaler sa morgue, et d'avouer : "je suis le gentil petit loup".

3ème tableau
Après avoir digéré le choc d'un premier échec, le loup commence une nouvelle journée. S'il ne peut plus prétendre être le plus fort, il sera le plus beau. Il va se confronter encore une fois à tous les personnages jusqu’à la rencontre ultime avec celui qui va réduire en cendre ses prétentions. La vanité n’a pas non plus sa place dans le monde de Mario Ramos.

4ème tableau
Le loup est affaibli mais il veut prendre sa revanche. C’est le moment où il est le plus dangereux car il a faim. Le Petit Chaperon Rouge devient l’appât et le loup pourrait bien gagner. Mais en voulant jouer au plus malin, il devient la victime de son avidité… Il n’est pas aussi malin qu’il le croit et le Petit Chaperon Rouge pas aussi naïf. L’issue se révèle bien différente du conte traditionnel, et cette fois-ci le loup devient si fragile qu’il a besoin d’aide.

A propos du spectacle

Le loup est l’animal le plus cité par les enfants, celui qui fait partie très tôt de leur imaginaire. De tout temps et dans toutes les cours de récréations, nous pouvons voir les enfants s’amuser à jouer au loup. A tort ou à raison, il est identifié comme le méchant par excellence, celui qui fait peur, celui qui peut les dévorer. Mais ce jeu n'a d'intérêt que parce que c'est un jeu, que "c'est pour de faux". On aime jouer à se faire peur, cela rassure…
Mario Ramos s’amuse avec l’univers culturel des enfants, il renverse les situations à loisir pour le plus grand plaisir du lecteur. Le loup, héros central de ces histoires, finit par être ridicule et cela nous ravie quand le prédateur devient la proie, quand celui qui faisait peur, fait rire.
Mais il n'est pas le seul à se retrouver "décaler" par rapport à son image. Le petit chaperon rouge, les sept nains, le dragon, les petits cochons… nous apparaissent également sous un éclairage nouveau, différent.
Dans les albums que nous avons choisis, si Mario Ramos nous invite à découvrir à travers le personnage du loup la vanité du pouvoir, la vanité de croire qu’on est le plus fort, le plus beau, le plus malin de tous, il nous invite aussi à modifier le regard que nous portons sur la brute qui nous oppresse.
En effet, celui qui se croyait plus fort que tout, finit toujours par rencontrer plus fort que lui et se retrouver dans la position de l'opprimé.
Pour Mario Ramos, la gentillesse, cette qualité trop souvent dévalorisée ou moquée dans nos sociétés, est la plus grande des forces et elle est au centre des thèmes que nous voulons aborder dans notre spectacle. Ici c'est la force tranquille et bienveillante de la maman Dragon qui est la référence. Un personnage énorme pour faire prendre conscience avec humour de l'énormité de croire que l'on peut être au-dessus de tout et de tous.
Cet humour que Mario Ramos manie toujours avec élégance dans ses albums, nous souhaitons également le retranscrire dans ce spectacle.
Quoi de plus beau que le rire d’un enfant qui comprend que le gentil peut gagner la bataille face aux méchants. Quel soulagement quand on voit que le méchant peut changer ou que nous pouvons l'aider à changer.

Les histoires de Mario Ramos
Quatre histoires - Quatre situations

"Loup, y es-tu ?" est l'illustration de la comptine "Promenons-nous dans les bois". Comme les enfants le font, les trois petits cochons jouent au grand méchant loup.
Ils s’amusent à l’imiter et à se faire peur. Jusqu’à la dernière image, le lecteur croit que le loup va les manger. Et lorsque le masque tombe, nous comprenons que tout cela n’est qu’un jeu. Mario Ramos nous a fait une farce. Les enfants aiment se faire peur mais ils n’aiment pas être en danger. Ils veulent une issue et le rire est la meilleure des issues.

Dans « C’est moi le plus fort », le loup apparaît dans toute sa faconde. Il ne doute pas une seconde de sa force, il fanfaronne, c’est un vrai matamore. Il rencontre plusieurs personnages, issues de contes traditionnels, qui ne s’aventurent pas à le contredire. Mais après s’être comporté comme le plus immonde des grands méchants loups, c’est à son tour d’avoir peur et de devenir le petit gentil loup.

Dans « C’est moi le plus beau », le loup va mesurer à nouveau sa valeur aux personnages des contes traditionnels. Le scénario se répète et sa vanité va le conduire à sa perte. Mario Ramos nous rappelle que celui pour qui la relation avec l’autre se limite à la seule confrontation, peut subir des déconvenues.

Dans « C’est moi le plus malin », le loup est victime de son avidité toujours plus grande qui va l’amener à faire un faux pas et à révéler sa fragilité. Sans son costume de loup, il n’est plus rien et se retrouve si affaibli que le Petit Chaperon rouge n’a plus rien à craindre. Ce dernier a même pitié de lui et va l’aider à changer...
Mario Ramos ouvre ainsi la possibilité de ne plus voir le loup comme un monstre mais un ami potentiel. Finalement, il existe peut-être des loups gentils.

Scénographie et mise en scène

Si le loup est le personnage central de ce spectacle, la forêt en est le lieu initiatique par excellence. C’est le lieu où se situe toutes les histoires, le lieu habité par le loup, le lieu qu’il faut traverser. C’est le lieu qui attire et qui fait peur, le lieu de tous les possibles.
Mais le loup de Mario Ramos n’est pas n’importe quel loup, tout comme les personnages qu’il croise sur son chemin. Ce loup veut mesurer, confronter sa notoriété à celle des autres vedettes des contes traditionnels.
Il ne veut pas seulement « être », il veut « être le plus… » ! Le plus fort, le plus beau, le plus malin… Mais Mario Ramos lui réserve un autre destin.
Avec humour, simplicité et élégance ces histoires nous offrent une réflexion profonde sur le genre humain, sur son rapport au moi, à l’autre, sur la notion d’estime de soi…
Tout en respectant la structure de ces contes en randonnée je me suis attaché à recréer à chaque fois de nouvelles péripéties. J’ai glissé ici et là, tout comme Mario Ramos, quelques clins d’oeil malicieux à la part d’enfance qui est en chacun de nous.
Dans ce spectacle, je veux plonger les spectateurs dans l’univers de Mario Ramos.
Il y a en fond de scène une grande toile représentant la forêt. Devant, des kakémonos et des podiums mobiles évoluent et remodèlent sans cesse l’espace. Il en sort des marionnettes manipulées à vue.
J’ai voulu associer aux personnages des contes traditionnels, des comptines traditionnelles. Des arrangements les plus simples, aux harmonisations les plus « acrobatiques », c’est à la contrebasse d’Alexandre Perrot que j’ai confié le soin de créer un univers sonore et d’accompagner les chansons.
Je veux jouer avec l’image du loup. Tour à tour, impressionnant, monstrueux, ridicule ou peureux, il nous montre plusieurs de ses facettes. Mais au fait, qui est-il ce loup qui veut briller en toutes circonstances ? Qui veut-il être ? Qu’attend-il des autres ?

Adaptation et mise en scène : Philippe Calmon - Décor, masques et marionnettes : Cie Métaphore - Contrebasse : Alexandre Perrot - Avec : Eveline Houssin et Philippe Calmon - Montage : 1 service de 4 heures - Démontage : 2 heures - Spectacle : 45mn - ouverture : 6 à 8m - profondeur : 6 à 8m - hauteur mini. : 3m - public concerné : enfants de 3 à 8 ans - nombre de spectateurs : 150 personnes maximum, au-delà nous consulter

C'est moi le plus fort et autres histoires de loup a été soutenu par le Sud-Est théâtre à Villeneuve-Saint-Georges, la Ville de Montreuil (Théâtre des Roches), le CREA à Alfortville, l'Espace Paris Plaine, le Manipularium Daru Thémpô. Création au Lucernaire le 15 septembre 2021.

La presse en parle

Lamuse.net : Un spectacle savoureux, adapté de l’album de Mario Ramos. Promenons-nous dans les bois… pendant que le loup n’y est pas… Trois petits cochons jouent dans la forêt. C’est alors que le loup apparaît pour de vrai ! Un tantinet prétentieux, ce dernier veut s’assurer qu’il est le plus fort, alors que sa marionnette n’impressionne même pas les plus jeunes ! Toujours est-il que seul, le petit chaperon rouge, le rendra nettement moins sûr de lui.
Ses rencontres nous font découvrir de multiples marionnettes, qui ne sont autres que les personnages de contes ou d’histoires bien connues de tous. Et c’est un vrai plaisir pour les enfants de les reconnaître. Au final, ils retiendront que « le plus fort », c’est maman, et « le plus beau » c’est papa. Ce qui ne souffre aucune contradiction, bien entendu.
Les facéties des deux manipulateurs fonctionnent à merveille, on sent entre eux une complicité bien rôdée. La compagnie Métaphore crée, une fois de plus, un divertissement très complet et de qualité, avec un beau décor ingénieux, sans oublier un accompagnement musical qui rythme le jeu des comédiens-manipulateurs.
A découvrir sans tarder. Durée 45 minutes. Isabelle D'Erceville.